En partenariat avec les filières (Intercéréales, GNIS, FNPSMS, UNIP, CNIPT, GIPT, FNAMS) et avec la participation financière du compte d’Affectation Spécial pour le Développement Agricole et Rural géré par le Ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche, de la Ruralité et de l’Aménagement du Territoire.
Des approches par thématique |
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Des innovations pour toutes les cultures |
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L’obligation de couvrir les sols à 100 % d’ici l’automne 2012 en zone vulnérable va imposer à de nombreux agriculteurs de modifi er leur conduite de l’interculture. Des cultures intermédiaires sont déjà mises en place ponctuellement depuis de nombreuses années : « engrais verts », couverts à gibier, obligations réglementaires locales déjà existantes, agriculteurs volontaires
Et si d’une contrainte, ces engrais verts devenaient un plus par leur effet bénéfi que tant sur l’azote que sur le carbone et la structure du sol ? Les coûts de l’implantation et de la destruction peuvent être en partie couverts par les bénéfi ces d’une technique qui s’avère aujourd’hui la plus effi cace pour piéger l’azote en excès dans le sol.
Les cultures intermédiaires piègent en automne l’azote minéral du sol, évitant ainsi son entraînement vers les nappes en hiver. Un tiers environ de cet azote piégé sera restitué à la culture suivante. Le reste va contribuer à enrichir le stock de matières organiques du sol. Les légumineuses, qui piègent non seulement l’azote du sol mais aussi de l’air, améliorent les restitutions à la culture suivante avec des économies potentielles de 20 à 50 unités.
Ces cultures intermédiaires sont parfois nommées « couverts végétaux » car leurs parties aériennes protègent le sol de l’action destructurante des pluies, en particulier en sol battant. Le ruissellement hivernal ou l’érosion sont également largement atténués. Les racines du couvert ont par ailleurs un impact sur la structure du sol : système racinaire limitant la prise en masse, production d’exsudats racinaires Cependant, l’implantation de cultures intermédiaires implique souvent l’adaptation de l’itinéraire technique : décalage des périodes de travail -en particulier en sol argileux-, gestion d’une plus grande quantité de débris végétaux, ressuyage des terres au printemps un peu plus tardif en conduite sans labour Les couverts végétaux sont aujourd’hui des cultures à part entière. Le choix des espèces dépend des contraintes du milieu, de la rotation, des objectifs recherchés (restructurant, anti érosion, azote) et de problèmes sanitaires éventuels (nématodes, hernie des crucifères). Les conséquences agronomiques de la généralisation des cultures intermédiaires sont encore mal connues. De nombreux experts seront présents aux Culturales® pour faire le point sur les connaissances et les voies de recherche. Si les espèces de couverts sont mal choisies par rapport aux cultures de la rotation, certains de leurs ennemis peuvent en eff et être favorisés comme les limaces ou les rongeurs, mais les couverts peuvent aussi présenter des eff ets positifs, comme la réduction de certains ennemis des cultures ou un développement plus important de certains auxiliaires (carabes).
Au niveau d’une exploitation agricole, les itinéraires techniques doivent s’adapter pour intégrer au moindre coût les cultures intermédiaires. L’expérience acquise depuis près de 20 ans montre qu’elles ont un impact le plus souvent neutre sur le rendement des cultures si leur conduite est adaptée. Le choix des couverts végétaux se raisonne en eff et en fonction des caractéristiques de chacune des espèces tant à implanter que celles de la rotation, des contraintes de semis et des modes de destruction, de celles du milieu et des objectifs visés. Le choix s’appuie en premier lieu sur le type de rotation et la culture suivante. Certains couverts peuvent avoir une infl uence négative sur un type de culture : un couvert de graminées ou un couvert fortement infesté de repousses va ainsi avoir un eff et dépressif sur une orge de printemps, en particulier si le couvert est détruit en sortie d’hiver. Quant aux crucifères, par leur effet allèlopathique sur les champignons du sol, elles peuvent présenter des eff ets bénéfi ques pour lutter contre le piétin échaudage dans des cultures successives de blé, contre le rhizoctone brun de la pomme de terre. Mais elles peuvent au contraire poser des problèmes lorsqu’elles sont détruites moins de deux mois avant le semis d’un maïs. L’augmentation des contraintes règlementaires sur la destruction des couverts impose d’anticiper dès le choix de ces derniers. En effet, l’aptitude de chaque espèce à la destruction diff ère : si elle est aisément détruite en début d’hiver directement par un labour, la question ne se pose pas. En revanche, certaines espèces sont moins adaptées à la destruction mécanique (avoines, seigle, trèfl e incarnat, radis, navette). Enfin, le volet économique est aussi à prendre en compte, même si tout n’est pas facilement chiff rable : coût des semences, facilité d’implantation et de destruction, valorisation fourragère pour un éleveur, économie potentielle en azote pour les légumineuses.
Le gel est le moyen idéal de détruire un couvert mais son intensité est très variable entre années et entre régions. Certaines espèces se détruisent à la première gelée blanche comme le nyger ou le sarrasin. Pour une espèce comme la moutarde blanche gelant entre -5° et -10° selon son développement, la destruction est plus aléatoire, en particulier dans le Sud-Ouest. Le roulage réalisé après la gelée est une technique originale travaillée par ARVALIS - Institut du végétal depuis 6 ans. Les résultats sont satisfaisants sur des espèces comme la moutarde blanche, la phacélie ou encore la lentille. Le plus pratique est d’utiliser un rouleau traditionnel passé sur une végétation givrée. Le broyage est coûteux mais il est facile à mettre en oeuvre. Il n’est adapté qu’à certaines espèces hautes ne repoussant pas après le broyage (la moutarde blanche en particulier). Travailler le sol pour préparer l’implantation de la culture suivante tout en détruisant le couvert permet de limiter les surcoûts. C’est le cas quand un labour d’hiver est réalisé. Un outil de déchaumage peut aussi être utilisé pour détruire le couvert. Avec ce type d’outil, il faut être très vigilant sur les conditions d’intervention (humidité du sol). L’intervention chimique est encadrée par des contraintes réglementaires de plus en plus fortes.